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Embargo russe : la FNSEA attend l'aide de Bruxelles

La FNSEA, le principal syndicat agricole français, a annoncé vendredi que la France allait demander une compensation à Bruxelles pour faire face aux pertes occasionnées par l'embargo russe sur l'agroalimentaire européen.

L'embargo de Moscou sur les produits agroalimentaires européen inquiète les agriculteurs français. Quelques heures seulement après l'annonce du Premier ministre russe Dmitri Medvedev d'interdire ce type d'importations en provenance d'Europe et des Etats-Unis notamment, le principal syndicat agricole français, la FNSEA, est monté au créneau. Son président, Xavier Beulin, a dénoncé jeudi un "système à double détente". D'un côté, "la Russie se ferme aux importations", de l'autre, "les produits qui n'iront plus à l'exportation (hors UE) vont se rabattre sur les pays européens et créer une situation de crise", a-t-il déploré.


Après un entretien téléphone avec François Hollande, vendredi, Xavier Beulin a annoncé que la France demanderait à la Commission européenne d'approuver des mesures d'indemnisation des producteurs. Mais l'Elysée s'est montré moins affirmatif que le syndicaliste. Dans un communiqué publié dans la foulée, la présidence de la République précise simplement que "des contacts sont en cours avec la Commission européenne pour que les conséquences directes et indirectes de cet embargo soient évaluées avec précision afin de prendre des mesures adaptées à la gravité de la situation."
Inquiétudes concernant les fruits frais


La Russie est le principal importateur mondial de fruits et légumes frais. Elle importe pour près de 770 millions d'euros de fruits en provenance de l'Union européenne, et la totalité de ses importations agroalimentaires représentent 10% des exportations européennes dans ce domaine. Le risque d'une crise agricole est donc bien réel à l'échelle du continent. Les importations de ce type représentent environ 10% des transactions françaises en direction de Moscou.


Les pêches et les fruits d'été seraient concernés au plus urgent, puis les pommes dont la Pologne est de loin le premier producteur devant l'Italie et la France. Mais aussi les tomates dont les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique sont également de gros fournisseurs. Selon Les Échos, la France a de son côté expédié pour près de 26 millions d'euros de fruits en Russie en 2012. Les experts craignent un engorgement du marché européen et une importante chute des cours des fruits et légumes, qui impacterait durement les agriculteurs.
Des démarches engagées auprès de l'OMC?


De son côté, la Pologne s'inquiète de l'embargo sur les pommes notamment. Elle a ouvert des démarches en vue d'obtenir une ouverture rapide du marché américain. Bien que la situation "extraordinaire", selon les dirigeants polonais, puisse bousculer les habitudes, les Etats-Unis interdisent généralement les importations de fruits et légumes frais en provenance de l'Union européenne. Mais il existe bien des exceptions : la Pologne y exporte des poivrons et des brocolis et l'Italie y vend des pommes et des poires.


"Des démarches auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) devront être envisagées au niveau communautaire", a ajouté l'Elysée, qui rappelle que le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a "eu un échange" jeudi à ce sujet avec le commissaire européen à l'agriculture, Dacian Ciolos.






bron: Agripress    07:31:00|10/08/2014